Carnet de création de l’auteur Pierre-Michel Tremblay

PETIT CARNET DE CRÉATION TOUT CROCHE

Je ne sais pas quoi dire pour ce « carnet ».
L’écriture de cette pièce a débuté en 2013. Elle a vécu plusieurs versions. Maintenant, elle est en répétition donc elle est dans la cour du metteur en scène, des acteurs-actrices et des concepteurs-conceptrices. Je me sens inutile.

Je ne sais pas quoi dire pour ce carnet parce que j’ai peur.

Peur, un peu, de subir de l’âgisme (je ne suis plus un « nouveau » même si je ne suis pas vraiment vieux, j’ai toutefois le droit de prendre ma carte de la FADOQ, mais je refuse par orgueil mal placé… je me prive de bon rabais pourtant). Ça semble épouvantable d’affirmer cela, mais c’est que tout le monde bande tellement sur la nouveauté (moi inclus).  Bande ou mouille, choisissez l’expression crue qui convient le mieux à votre orientation/genre/non genre/ LGBTQ, etc, etc.  Nouveaux directeurs artistiques, nouvelles voix, nouvelles façons de faire, nouveau par-ci nouvelle par-là.

Pourtant l’âge ne compte pas quand tu te lances dans l’écriture d’un nouveau projet de création. Cette pièce, Psychédélique Marilou,  je ne l’ai jamais écrite avant. Juré sur la tête de ma mère. C’est une pièce entièrement NOUVELLE. C’est la première fois de ma vie que j’écris cette pièce. Donc cette pièce, c’est une « nouvelle voix » pour moi. Fait que, âgisme mon cul…  OK, cette dernière phrase est immature, mais ça montre mon côté rebelle et donc que je suis « jeune » de cœur. (émoji branché et funny de clin d’œil)

Je ne sais pas quoi dire pour ce carnet parce que j’ai juste hâte…

Hâte de voir les enchaînements, le travail du metteur en scène et des concepteurs. Des fabuleux acteurs-actrices. Hâte de vous savoir dans La Licorne. Hâte de vous partager l’histoire de Marilou.

Je ne sais pas quoi dire pour ce carnet parce qu’un texte a plusieurs significations qu’on ne comprend jamais entièrement.

Ainsi, l’impulsion de départ pour écrire était : peut-on trouver de la transcendance dans sa vie en dehors du religieux? Une transcendance laïque? Mais une question rhétorique ne fait pas une pièce.  Alors cette jeune femme mêlée a surgi : Marilou. Qui cherche un sens à sa vie. Et y’avait Timothy Leary dans le « Cloud » qui avait envie de lui donner un coup de pouce. Le fun d’écrire a pogné.

En 2013 , je ne pouvais imaginer, comme bien des gens, qu’un narcissique incompétent et sociopathe serait élu président des États-Unis. Aujourd’hui, quand je repense à cette pièce, j’y vois encore cette histoire d’une jeune femme assoiffée de transcendance.

Et j’y vois aussi un hommage naïf et assumé à ceux et celles qui prennent soin du monde.
Parce qu’on a bien besoin d’en prendre soin.
Peut-être y verrez-vous autre chose?
Vous me direz.
Moi je ne sais plus quoi dire à propos de la création de cette pièce.
Maintenant c’est à vous de la créer.

Pierre-Michel

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