Deux pièces pour Étienne Pilon

Histoire de vous en dévoiler un peu plus sur cette énigmatique première production de la saison 2019-2020, nous avons eu envie de poser trois questions à l’auteur de la pièce, Jean-Philippe Lehoux, ainsi qu’au comédien, Étienne Pilon.

  1. Parlez-moi de ce spectacle… De quoi est-il question?
  2. Dans votre pièce, vous évoquez la « bucket list », cette fameuse liste de choses à réaliser avant de mourir. En avez-vous une?
  3. Est-ce qu’on profite encore du moment présent dans nos vies? Et pourquoi aborder ce thème?

 

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Jean-Philippe Lehoux, auteur

  1. Il est question de notre sentiment contemporain de devoir être performant et partout à la fois, pour exister et se démarquer. Le spectacle a donc été construit comme un terrain de jeu hyperactif qui met en scène notre essoufflement, pour en rire et le questionner. Mais la pièce est peut-être, surtout, une célébration des petits moments banals où nous retrouvons ensemble notre souffle.
  2. Eh bien… non. J’ai bel et bien deux ou trois objectifs de vie, mais je crois que je ne pourrai jamais les cocher facilement. Il s’agit de processus et non de fantasmes éphémères. Loin de m’inspirer, la multiplication des rêves m’épuise. Je préfère cultiver quelques passions et laisser au hasard le soin de m’amener là où je ne pensais pas aller.
  3. Je ne sais pas si jadis nous profitions vraiment du moment présent (sans doute que oui, sans le vouloir), mais je crois qu’il est presque impossible de le faire de nos jours, étant donné notre culture de l’instantanéité. Tout se réinvente à chaque instant. On a beau fermer les yeux et respirer fort fort fort, tout se dérobe sous nos pieds. Notre posture contemporaine est justement le changement radical perpétuel. 

    Ce n’était pas le thème du moment présent qui m’intéressait (…) mais les liens fragiles qui unissent présent, mémoire et identité. Peut-être que la paix recherchée se trouve justement dans la continuité et non dans la rupture. (…) Les personnages, en cherchant une certaine sérénité du moment, n’ont d’autres choix que de se tourner vers leur propre histoire, parce que le temps n’est pas un huis clos, mais un voyage.

 

Étienne Pilon, comédien 

  1. Je dirais que ça parle entre autres de performance, de l’hyper-performance… de la performance à tout prix, celle qui nous fait courir, aller vite, vouloir être partout, vouloir tout faire et finalement peut-être escamoter les choses ou passer carrément à côté, celle qui nous fait croire qu’il y a toujours mieux ailleurs, celle qui parfois nous fait oublier l’essentiel: les gens qui nous entourent; nos enfants, nos conjoints, nos amis…
  2. Je n’ai pas de « bucket list »… Je n’ai jamais pensé à en faire une… Je n’en ressens pas tant le besoin ou l’envie… Pour le moment!

  3. Peut-être plus qu’on pense… Je crois qu’on ne s’en rend pas toujours compte… Ça peut nous arriver en voyage, en plantant des fleurs dans le jardin, en berçant son enfant, en regardant une série-télé… Des petits moments où on ne fait que ce qu’on fait… Sans arrière-pensée, sans jugement, sans désir de performance…

    Ce thème me préoccupe, parce qu’il me semble que les choses vont à une vitesse vertigineuse et qu’il y aurait moyen de ralentir un peu la cadence, juste question d’en profiter un peu plus et surtout de profiter de ce qu’on a, sans toujours en vouloir plus! Y’a pas longtemps, j’entendais un homme âgé dire: « À la fin de notre vie, ce qui a de l’importance, ce qui compte vraiment, ce sont les gens qui nous aiment et ceux que nous aimons, tout le reste, ça n’a plus de sens, ça ne veut plus rien dire. » Alors, aussi ben profiter dès maintenant!!

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