TROIS QUESTIONS À MICHELINE BERNARD

Des Promesses, des promesses, de Douglas Maxwell, revient pour une troisième fois entre les murs du théâtre avant de partir en tournée! Histoire d’en savoir plus sur ce spectacle acclamé par le public et la critique depuis sa première représentation à La Licorne en 2016, nous avons eu envie de parler à Micheline Bernard qui porte ce puissant monologue traduit par Maryse Warda et mis en scène par Denis Bernard.

  • 1. DES PROMESSES, DES PROMESSES CONSTITUE LE PREMIER SOLO DE VOTRE CARRIÈRE. QU’EST-CE QUE CE DÉFI REPRÉSENTE POUR VOUS?

Mon principal défi était de réussir à happer les gens et à garder leur intérêt pendant 1h30, seule sur scène. Mais quand j’ai lu la pièce pour la première fois, j’ai su que j’avais un grand texte entre les mains. La trame narrative est fascinante, presque construite comme un thriller… Et puis, il y avait Denis, mon metteur en scène, si talentueux, créatif et à l’écoute.

Un solo, c’est aussi un défi de mémorisation. Et il ne suffit pas seulement d’apprendre le texte par coeur. Il faut choisir le sens qu’on donne aux mots, aux phrases. Tout doit être clair dans notre tête avant de le livrer aux spectateurs. Dans ce monologue, quelque chose de magique se produit avec le public. Ce rôle est à la fois un des moments les plus épeurants et les plus magnifiques de ma carrière!

  • 2. PARLEZ-MOI DU PERSONNAGE DE MISS BRODIE. EN QUOI SE DÉMARQUE-T-IL DE CEUX QUE VOUS AVEZ INCARNÉS?

Ce rôle est marquant par sa charge et son ampleur. Cette femme, en colère et indignée, porte des blessures, des cicatrices. Ce n’est pas quelqu’un d’aimable! On apprend à la connaître et à la comprendre, car elle se dévoile petit à petit tout au long de la pièce. Sa façon de dire les choses est extraordinaire. Miss Brodie est cynique, mais ses propos sont brillants.

Elle n’aime pas les gens. Les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, ce sont les enfants. La promesse de Miss Brodie envers eux, c’est de leur donner des bases solides pour la vie. Et il faut tenir ses promesses, sinon la confiance n’est plus là. C’est une professeure à sa place. L’acte d’enseigner à des enfants est important, primordial.

À l’école, j’étais une cancre, toujours dans la lune ! Mais lorsque j’avais de bons professeurs, mes notes s’amélioraient parce qu’ils étaient capables de venir me chercher. Le fait que j’incarne cette enseignante est vraiment ironique. Des fois, la vie a plus d’imagination que nous !

  • 3. JUSTEMENT, DANS LE CADRE DE CETTE NOUVELLE SÉRIE DE SPECTACLES, VOUS REVISITEZ CE PERSONNAGE POUR LA TROISIÈME FOIS. L’ABORDEZ-VOUS DIFFÉREMMENT?

En retravaillant le texte, seule à la maison, j’ai eu l’impression de comprendre plus profondément cette femme, de découvrir de nouvelles strates de l’oeuvre de Douglas Maxwell. Et Denis m’a confirmé que cette impression était juste. De petits changements ont d’ailleurs été apportés à la mise en scène. Le travail, comme depuis le début de l’aventure, a été enthousiaste, stimulant. Je pense que le spectacle va aller encore plus loin cette fois-ci.

Je suis contente de me promener avec ce show-là ; il a le potentiel de rejoindre tout le monde, de toucher les gens, de susciter des débats et des discussions. C’est aussi un hommage à la vocation d’enseignant. Et j’ai l’impression que, quand je porte ce texte, ma vocation d’interprète prend tout son sens, parce que j’ai le privilège de passer un texte important, socialement et humainement. Et lorsque cela arrive, c’est formidable.

Retour au haut de la page