Mot de la direction artistique

Philippe Lambert
Directeur artistique et général

11 mai 2026

Une amie abonnée me disait récemment à quel point une sortie à La Licorne lui permettait un moment d’arrêt dans « sa frénétique de vie ». Même que chaque fois qu’elle voyait à son agenda qu’elle avait des billets pour une pièce chez nous, elle et son chum se disaient « c’est impossible, on ne pourra pas y aller, on n’a pas le temps ». Pourtant, chaque fois en sortant de la salle avec son chum, les deux se disaient tellement heureux d’avoir finalement choisi de «changer d’air»!

C’est donc ce à quoi on vous convie cette saison, changer d’air à travers la découverte de nouvelles voix, de nouveaux visages et d’histoires surprenantes.

En commençant par le dernier texte de Nathalie Doummar, Georges, développé en résidence à La Manufacture, qui met en scène avec une grande humanité une figure paternelle excentrique qui tente tant bien que mal de transmettre à ses deux enfants sa culture égyptienne, alors qu’eux choisissent la modernité de leur société d’accueil… pariez que rien ne se passera comme souhaité! Et que dire de L’Académie Eurêka, une pièce absolument délirante de l’auteur américain Jonathan Spector, traduite par Marie-Claude Verdier, qui pose avec tellement d’acuité la grande question du vivre-ensemble. Est-il possible qu’à trop vouloir plaire à tout le monde, on finit peut-être par ne protéger personne? Et quoi de mieux pour changer d’air que la reprise du succès de la saison dernière, Changer de vie de la redoutable dialoguiste Catherine Léger?

En codiffusion dans La Grande Licorne, le Théâtre DuBunker sera de retour avec une nouvelle pièce incontournable, Suzanne va sortir, de Maxime Beauregard-Martin, qui mélange habilement fiction et réalité en nous plongeant au cœur d’un club de lecture dans une prison pour femmes. Un retour aussi pour Justin Laramée avec son nouveau spectacle percutant Temps de cochon qui, après Run de lait, s’attaque avec toujours autant d’humour et de lucidité à l’industrie du porc au Québec. Pour une première fois à La Licorne, je suis très heureux d’accueillir la compagnie autochtone Menuentakuan et son co-directeur artistique Charles Bender qui mettra en scène Femmes de la traite des fourrures, un texte irrésistiblement irrévérencieux de l’autrice anishinaabe Frances Koncan, traduit par Jean-Frédéric Messier, qui convoque en même temps Louis Riel et Instagram!

Quatre compagnies se partageront la Petite Licorne en 2026-2027, toutes pour la première fois : Les hébertistes, La veille, La grande table et Le Complexe. Elles vous feront ainsi découvrir quatre nouvelles voix en commençant par Mary-Lee Picknell et son caustique Être ou ne pas être un douchebag, un huis clos plein d’humour tout en tensions et malaises. Suivra le premier texte du jeune auteur Fabrice Sénat, A L T E R * É G * O, un solo en forme de quête identitaire à la fois corrosif et frontal, comme son titre! En février, c’est Charlie Monty qui enflammera la Petite Licorne avec son Feu Karaoké, un texte issu de notre résidence d’écriture dédié à la relève, qui met en scène les membres d’une famille tissée serrée en perte de repères. On terminera la saison avec Elisabeth Sirois et sa pièce à l’humour décomplexé, Du sperme, qui verra Marie-Hélène Thibault assurer sa première mise en scène!

Voilà le programme. Ne reste qu’à vous joindre à nous en vous offrant le plus beau des cadeaux, un temps d’arrêt, dans l’intimité de nos deux salles, loin de la frénésie qui nous entoure, mais tout près de la scène… qui se joue sous vos yeux. Vous verrez que vous allez changer d’air, c’est promis! On vous attend.

Philippe Lambert
Directeur artistique et général
Théâtre La Licorne / La Manufacture