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Les auteurs et autrices en résidence

L’une des principales missions de La Manufacture est de contribuer au développement et à l’épanouissement de la dramaturgie d’ici. Il lui est tout naturel d’accueillir et d’appuyer, chaque année depuis 2011, une équipe d’auteur et d’autrices en résidence. Cette saison, Simon Boudreault, Jean Marc Dalpé, Rébecca Déraspe, Catherine Léger, Jean-Philippe Lehoux et Ines Talbi nous honorent à nouveau de leur présence! 

Rien de trop beau étant la thématique de cette saison 2021-2022, nous avons eu envie de savoir ce que leur inspirait ce slogan. Nous leur avons donc demandé de répondre à la question suivante: « Rien de trop beau… pour? » 

Voici leurs réponses!

Simon Boudreault

Rien de trop beau pour…

… du théâtre. Ben oui, rien que ça.

Toute faire pour se retrouver en gang, en foule, ensemble, enfin.

Besoin de se sortir de son tu-seul, d’échanger des regards, des opinions, des pensées pis des « likes » non bleutés.

Se dépolariser l’opinion et se nuancer le propos.

Vivre un moment non rétro-éclairé.

Quitter la fenêtre sur le monde pour aller dedans.

Se démasquer le cœur toute plissé.

Pis affronter l’impossible, s’attendrir de toute, rire à rien.

Se rendre compte que c’est vital, brutal, vibrant, brûlant.

Savourer le sourire de cet autre qui pense surtout pas comme moi.

Je me suis ennuyé de toi, le théâtre. En tabarnak.

Tellement que je vais rire en entendant la madame ouvrir sa sacoche, pis son p’tit sac de gâterie pis finalement son bonbon en plein monologue

Pis je vais l’aimer celui qui a oublié de fermer son cellulaire même si on le lui a répété 40 fois

Pis je vais déguster l’acteur qui bafouille, le cue qui rentre pas, l’accessoire qui pète, le spectateur qui tousse

Parce que c’est ben trop beau.


Simon Boudreault est auteur, metteur en scène, comédien, improvisateur et marionnettiste. Formé en interprétation au Collège Lionel-Groulx, il partage avec Jean-Guy Legault, en 2003, le Masque de la révélation pour L’Honnête Fille de Carlo Goldoni. Comme acteur, il a joué, entre autres, dans Scrooge, Tout Shakespeare pour les nuls, L’Énéide, Assoiffés, et il a été de l’équipe de la populaire émission Dieu Merci.

En 2005, il cofonde Simoniaques Théâtre, compagnie pour laquelle il écrit et met en scène les pièces Sauce brune (Prix du public – Conseil des Arts de Montréal), Soupers, D pour Dieu? et As Is (Tel Quel) (Prix du public – Théâtre d’Aujourd’hui).

En 2016, Simoniaques Théâtre coproduit Gloucester délire shakespearien, que Boudreault a coécrite et dans il laquelle joue également. La compagnie produit aussi Comment je suis devenu musulman, pièce développée dans le cadre de sa résidence d’auteur à La Manufacture et créée à La Licorne en avril 2018, pour ensuite être présentée au Théâtre du Rideau Vert et en tournée.

Simon Boudreault signe également la pièce En cas de pluie, aucun remboursement du Petit Théâtre du Nord, en plus de toucher à l’écriture du théâtre de marionnettes pour enfants avec La félicité et Sur 3 pattes, pièces produites par le Théâtre de l’œil, compagnie dont il est nouvellement directeur artistique.

En tant qu’improvisateur, il a joué plus de 15 ans à la LNI. La comédie à sketch On va tous mourir, qu’il a coécrit avec l’humoriste Laurent Paquin, a été présentée à l’été 2019 dans le cadre du Festival Juste pour rire. De plus, il écrit et joue dans la série web Homosapiens comédie préhistorique.  ​

Jean Marc Dalpé

Rien de trop beau pour…  

… ceux/celles qui osent rêver, qui osent espérer, qui osent résister. Qui osent.

Rien de trop beau… pour celles/ceux qui ne plient pas les genoux, qui ne baissent pas les yeux, qui ne courbent pas l’échine.

Rien de trop beau… pour les ceuzes-là qui rizent trop fort dains églises quand les églises sont des pensées comme des prisons.

Rien de trop beau… pour les poètes grandes et petites gueules avec ou sans la bonne syntaxe parce que…

Cossé qui va rester de toute façon? L’écho d’un rire. Le souvenir d’un frisson. Peut-être une étincelle de…


Avec ses œuvres puissantes au souffle unique, le dramaturge Jean Marc Dalpé enrichit la scène théâtrale du Québec et de l’Ontario depuis 40 ans. Après un baccalauréat en art dramatique de l’Université d’Ottawa, le Franco-Ontarien poursuit sa formation au Conservatoire de Québec avant de cofonder, en 1979, le Théâtre de la Vieille 17. Dans les années 80, à Sudbury, il participe au renouveau artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario. Il y présente notamment sa pièce Le Chien – mise en scène par sa fidèle complice Brigitte Haentjens – qui remporte le Prix du Gouverneur général en 1988. Il rafle les mêmes honneurs en 1999 pour le recueil Il n’y a que l’amour et en 2000 pour son premier roman, Un vent se lève qui éparpille.

L’auteur des pièces Eddy (1994) et Lucky Lady (1995) signe sa première pièce à La Licorne en 1999 avec Trick or Treat, qui sera transposée à la télévision. Comme auteur en résidence à La Manufacture, il écrit Août – Un repas à la campagne, créée à La Licorne en 2006, puis reprise en tournée canadienne en 2007 et chez Duceppe en 2014. Cette œuvre lui vaut le Masque du texte original. En 2015, le public de La Licorne découvre sa traduction de la pièce The Dark Things (Débris) d’Ursula Rani Sarma.

Il adapte de nombreuses pièces étrangères comme Blasted de Sarah Kane ou encore Hamlet et Richard III de Shakespeare. Il signe plusieurs traductions d’œuvres de Mansel Robinson dont Trains fantômes et II (Deux). En 2014, son adaptation du monologue intérieur de Molly Bloom, d’après le roman Ulysse de James Joyce, est créée à Espace Go.

Au petit écran, il scénarise plusieurs épisodes de Fred-dy (2001) et créé la télésérie Temps dur (2004). Également comédien, il s’est récemment illustré dans la pièce Le Wild West Show de Gabriel Dumont, dont il est l’un des co-auteurs.

L’Université d’Ottawa a conféré à Jean Marc Dalpé un doctorat honoris causa pour l’ensemble de son œuvre. Il est également membre de l’Ordre des francophones d’Amérique depuis 1997, et de l’Ordre du Canada depuis 2020.

Rébecca Déraspe

Rien de trop beau pour…  

… le retour de l’espoir, pour le théâtre qui retrouve son « être ensemble », pour la vie qui reprend doucement ses droits, pour la colère utile, pour la force de transformer quelque chose du monde. Rien de trop beau pour la nécessité de fouiller les crevasses, de nommer les fractures, de sonder la nature humaine, pour la nécessité d’écrire. Rien de trop beau pour la résilience, pour l’empathie, pour les joies qui se déconfinent en même temps que les corps. Rien de trop beau pour le bruit d’une foule qui entre dans la salle, pour le silence qui s’installe, pour la communion énigmatique d’un spectacle et d’un spectateur, d’une spectatrice. Rien de trop beau pour le cœur de La Licorne que j’entends recommencer à battre.  Il me donne l’élan de l’écriture et de l’exigence. Je suis encore là. Nous sommes encore là. À choisir, avant tout, de vivre fort, de vivre vrai.


Rébecca Déraspe est diplômée du programme d’écriture dramatique de l’École Nationale de Théâtre. Elle a depuis écrit plusieurs pièces jouées et traduites un peu partout à travers le monde, dont Deux ans de votre vie (lauréat du prix BMO – auteur dramatique 2010), Plus que toi, Peau d’ours, Nino et Je suis William (gagnant du Prix de la critique – Meilleur spectacle jeune public – Montréal 2018). Fin janvier 2020, elle remportait également pour ce texte – produit par le Théâtre Le Clou – le Prix Louise-LaHaye. Décerné par la Fondation du CEAD, ce prix récompense le meilleur texte jeune public porté à la scène au cours des deux saisons précédentes. On lui doit aussi les textes Le merveilleux voyage de Réal de Montréal, Partout ailleurs et Nos petits doigts.

Sa pièce Gamètes, créée à La Licorne, a remporté le Prix de la critique – Meilleur texte dramatique – Montréal 2017. Le spectacle a ensuite été présenté en tournée à travers le Québec, ainsi qu’à Vancouver, dans une traduction anglaise de Leanna Brodie. À La Licorne, on a également pu entendre ses mots dans le cadre des Contes urbains, édition 2013-2014.

Autrice en résidence à La Manufacture depuis 2018-2019, elle planche actuellement sur sa pièce Les glaces, en plus d’avoir mené de front plusieurs autres projets d’écriture : Faire la leçon pour le Théâtre Ink, présenté en novembre 2019 aux Écuries, ou encore Ceux qui se sont évaporés, spectacle interrompu au printemps 2020 (et qui a remporté le prix Michel Tremblay 2020). Son adaptation de la pièce Une maison de poupées d’Henrik Ibsen a été portée à la scène à la Salle Fred-Barry au printemps 2019.

Cette année, ses pièces Les filles du Saint-Laurent, Fanny et Faire crier les murs seront présentées en France et au Québec.

Catherine Léger

Catherine Léger écrit pour le cinéma, la télé et le théâtre. Son scénario pour Charlotte a du fun (Slut In A Good Way), lui a valu le prix du Meilleur scénario original aux Écrans canadiens 2019. Le film réalisé par Sophie Lorain et produit par Amérique Films, a fait plusieurs festivals, dont Tribeca, Tokyo et Angoulême. Elle a aussi co-signé le scénario de La Petite Reine (2014) réalisé par Alexis Durand Brault. À la télé, elle a écrit Les Invisibles (TVA, 2019) et travaillé sur la série Marche à l’ombre (Super Écran, 2017). Catherine Léger a écrit pour le théâtre, entre autres, Princesses (Théâtre d’Aujourd’hui, 2011), J’ai perdu mon mari (Quai des arts, Carleton-sur-mer, 2014) et Filles en liberté (Théâtre La Licorne, 2018). Sa pièce Babysitter présentée au Théâtre La Licorne en avril 2017 a été présentée en Ohio, à Limoges et à Munich. Elle en signe d’ailleurs l’adaptation cinématographique qui est en pré-production et sera réalisée par Monia Chokri. Catherine a adapté pour le cinéma le roman La Déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen, réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette. Le long métrage a été officiellement sélectionné pour le 70e Festival international du film de Berlin 2020.

 

Jean-Philippe Lehoux

Rien de trop beau pour…  

…la (vraie) fin du monde à venir!

Je ne peux pas croire que l’Apocalypse ressemblera à ce que nous venons de traverser : une série de jambettes pouet pouet entre nous, pour des petites libertés perdues.

Pétard mouillé…

Les grandes religions nous promettaient une bien meilleure finale.

Quand ça tourne mal, ne devrions-nous pas espérer des solidarités au moins aussi géniales que le génie humain?

Quand la maison brûle, ne pourrions-nous pas au moins éteindre nos egos?

Quand l’auto n’a plus de freins, pourrions-nous au moins ne pas appuyer sur l’accélérateur?

«Soigne ta chute», pour reprendre ce beau titre de Flora Balzano…

200 000 ans d’humanité pour finir ça en insultes sur Facebook?

J’espère que cela nous aura servi de leçon.

La fin du monde est toujours demain : d’ici là, il y a tant à faire peu importe le temps qu’il fait.


Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada en écriture dramatique, Jean-Philippe Lehoux est récipiendaire du prix Gratien-Gélinas 2013 pour sa pièce L’Écolière de Tokyo. La même année, il adapte L’Île au Trésor de Robert Louis Stevenson, présentée à Bonaventure. En 2015, il écrit la comédie musicale pour adolescents Le chant du koï, puis il crée, en 2016, Irène sur Mars, présentée à Carleton et au CTDA en 2017.

Depuis les débuts de sa résidence d’auteur à La Manufacture, en 2011-2012, il a écrit et interprété le solo Napoléon voyage – acclamée par la critique et le public en 2014, reprise au Rideau vert en 2015 puis en tournée canadienne -, en plus d’être l’auteur de Normal (2015) dans laquelle il jouait également et de Deux pièces pour Étienne Pilon, spectacle qui a ouvert la saison 2019-2020 à La Petite et La Grande Licorne. C’est aussi à La Licorne que sa pièce Comment je suis devenue touriste été produite avec grand succès en 2012-2013. En 2018, sa traduction de Des souris et des hommes de John Steinbeck était présentée au Théâtre Duceppe. Sa dernière création, Bande de Bouffons, était produite par le Théâtre du Tandem de Rouyn-Noranda.

Comme comédien, il incarne le personnage du Chapelier dans la quotidienne jeunesse Alix et les Merveilleux, sur les ondes de Radio-Canada et Télé-Québec, rôle pour lequel il a obtenu en 2020 le prix Gémeaux du meilleur premier rôle masculin : jeunesse.

Ines Talbi

Ines Talbi flirte depuis toujours avec plusieurs formes d’art. Cofondatrice de la compagnie de théâtre Les Berbères Mémères, elle a signé le texte et la mise en scène du laboratoire Hexakosioihexekontahexaphobie ou « Et si, si, si? » (Zone Homa 2016), en plus de collaborer – au cours des dernières années – à moult projets théâtraux tels que Chante avec Moi d’Olivier Choinière, Trois de Mani Soleymanlou, Lignedebus de Marilyn Perreault, Un si gentil garçon de Denis Lavalou, À te regarder, ils s’habitueront d’Olivier Kemeid et Mani Soleymanlou, Néon Boréal (laboratoires), Identités de Sévérine Fontaine et Les histoires de partir de Papy Maurice Wbwiti.

Le public de La Licorne a pu la voir pour une première fois en 2009, dans le cadre de La Dizaine des auteurs, avant de la retrouver en 2017 dans Foirée montréalaise. Elle est auteure en résidence à La Manufacture depuis 2018-2019.

Au petit écran, Ines Talbi a joué dans Fatale-Station, File d’attente, Ruptures et Nouvelle adresse. Artiste plurielle et polyvalente, elle a aussi réalisé le court métrage Femmes, projeté dans plusieurs festivals internationaux, notamment en Espagne, au Canada et aux États-Unis.

Comme auteure-compositrice-interprète, elle a sorti son premier album Boarding Gate en 2012. Depuis, elle notamment collaboré avec Yann Perreau, en plus de contribuer à l’album Lomax de Betty Bonifassi et de cosigner la bande originale du spectacle Réversible. On lui doit l’idéation et la mise en scène de La Renarde: sur les traces de Pauline Julien (FrancoFolies 2018), spectacle qui a connu un succès public et critique fulgurant. Une tournée québécoise a d’ailleurs vu le jour à l’hiver 2019, ainsi qu’album tiré du spectacle. L’œuvre a remporté deux Félix au gala de l’ADISQ 2019 : celui de l’album de l’année – réinterprétation, ainsi que celui du spectacle de l’année – interprète.

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